1866

1971

 

 

 

Entièrement donné à sa terre d’adoption, le professeur Henri Duboucher a consacré sa vie aux domaines si différents de la chirurgie, de l’enseignement, de l’agriculture, du thermalisme, démontrant l’universalité du potentiel que lui inspira l’Algérie.

Né en 1886 en Isère, Henri Duboucher était d’origine paysanne. Enfant, il faisait plusieurs kilomètres à pied pour aller à l’école d’Iseron. Le dimanche, il participait aux travaux de la ferme de ses parents et gardait les bêtes. Jeune encore, il quitte le  toit familial pour entrer en pension à Grenoble. Son attirance pour les sciences exactes l’amènent à passer une licence ès sciences en 1909. Cette orientation initiale correspondait à son esprit cartésien qui fut le fondement même de son comportement dans la vie.

Ce n’est que plus tard qu’il se dirige vers la médecine. A l’âge de 24 ans, des soucis de santé le déterminent à quitter sa froide Savoie pour le soleil de l’Afrique. C’est ainsi qu’il fut externe des hôpitaux d’Alger, puis interne en 1911.  Ayant un goût particulier pour la biologie, il s’adonna tout d’abord à la  physiologie, l’histologie et l’embryologie et devint chargé de cours. Cependant la spéculation de la pensée ne suffisant pas à cet homme d’action, il fut  dès 1914  aide d’anatomie, puis prospecteur, enfin chef de clinique chirurgicale, avant que la guerre vint interrompre sa carrière. Il servit en zone des armées en ambulance dans les zouaves et les tirailleurs. Dès 1918, il passa à Paris une thèse chirurgicale sur l’ostéosynthèse et reprit à Alger jusqu’en 1923, ses fonctions de chef de clinique chirurgicale chez le professeur Vincent, créateur de l’Ecole chirurgicale algérienne.

Agrégé de chirurgie en 1926 avec une thèse qui fit date sur les traumatismes du duodénum, dans la longue attente d’une chaire qui ne lui échut que vingt ans plus tard, il devint alors un extraordinaire praticien. Nul chapitre de la pathologie chirurgicale ne lui fut étranger. Nulle opération ne lui était impossible. Son sens clinique, son universelle connaissance le faisaient appeler en tous points de l’Afrique du Nord comme consultant médical. Pour  lui, la pensée, le verbe, tout était action. C’est pour cela qu’il s’était incarné dans la terre algérienne où tout était à créer.

Son goût de créer ne put se limiter à l’anatomie. Homme de souche terrienne, dans un pays neuf en construction, il lui fallait retourner à la terre et bâtir son œuvre personnelle de colonisateur. C’est ainsi qu’il fit sortir du sol montagneux du Zaccar l’admirable propriété viticole du Clos Adelia. Il y réalisa un chef d’œuvre sous le forme d’un crû réputé. Créateur encore, il lança le thermalisme en Algérie, à Ben Haroun, Hammam-Melouane, Hammam-Righa, se dépensant à travers nos trois départements pour y faire surgir des stations thermales.

La médecine fut sa vie totale. Travailleur infatigable, il était rigoureux pour lui-même, mais aussi pour les autres car il avait le souci impératif de la perfection, de la discipline, du métier honnêtement et strictement accompli. Il fut pour ses élèves un maître respecté et aimé. Des Ecoles chirurgicales algéroises, l’école Duboucher fut une des plus grandes.

 

Odette Goinard

  D’après l’allocution prononcée par le Professeur Lagrot lors de la remise du buste jubilaire du professeur Henri Duboucher.

 

 

 

Le professeur Duboucher en chirurgien

 

 

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